Attend
Attendre le plan parfait de Dieu est certe une épreuve, mais aussi la preuve de notre amour pour Lui.
Supposons qu’un jour vous recevez l’email d’une personne qui vit dans un pays lointain. Cette personne vous dit vouloir faire plaisir à Dieu, mais n’y arrive pas parce qu’elle a besoin d’argent pour vivre et se retrouve dans la prostitution afin de pouvoir payer ses études. Vous voulez bien envoyer de l’argent à cette personne, vous voulez au moins partager avec elle l’argent que vous utilisez pour vos besoins nutritionnels. Seulement il s’avère que cet argent ne suffit même pas à envoyer quelque chose de décent à cette personne car les moyens pour envoyer de l’argent sont assez chers. Qu’allez-vous faire? Dire à la personne de s’attendre à Dieu? D’attendre que Dieu la bénisse quoi qu’il arrive? Que même si elle a faim qu’elle continue d’attendre? Que même si elle voit son année académique passer sans qu’elle ne puisse étudier parce qu’elle n’a pas d’argent pour poursuivre ses études qu’elle continue d’attendre Dieu? Lui diriez-vous ça tout en ayant la conscience tranquille? Pensez vous que ce soit la meilleure chose à faire? Pour répondre à la question, je pense bien que ce soit effectivement la meilleure chose à faire. Quelquefois il peut même arriver que vous ayez de l’argent, assez à envoyer pour qu’elle puisse s’acheter de quoi manger et de quoi payer une scolarité et ne pas avoir besoin de se prostituer, mais le Seigneur vous met à cœur de ne pas le lui donner. Ca sonnera fou et bizarre, pourtant c’est bel et bien Dieu qui aura parlé à cet instant. « Attend ! » C’est la meilleure chose à dire à quelqu’un quelquefois. « Attend Dieu, attend qu’il te sorte de là, car Lui seul peut le faire, pas un homme. » On me dira bien sûr que Dieu utilise les hommes pour aider Ses enfants, je n’en disconviens pas, et je suis tout à fait d’accord, mais ce que je sais c’est qu’il est toujours préférable de ne jamais chercher à prendre la place de Dieu lorsqu’on désire aider un être humain. Chercher à prendre la place de Dieu revient à vouloir aider la personne comme si sans vous la personne ne vivrait pas. Faire une chose pareille, vous met dans une prison et vous donne de porter, à coup sûr, une charge qui vous dépassera. Il est important lorsqu’on se trouve face à quelqu’un qui a besoin d’aide, de lui apprendre à comprendre que c’est Dieu qui aide et non un homme; un homme est juste un instrument de Dieu pour aider son prochain. Je ne voudrais pas que ce message soit perçu par les radins comme un encouragement à mieux garder « leur bien ». Non, il n’est pas dans cette intention, il est dans l’intention d’amener les personnes qui veulent servir Dieu à apprendre à s’attendre à Lui; j’entends par la personne qui veut servir Dieu deux personnages: celui qui a besoin d’aide et que le besoin pousse parfois à pécher et aussi celui qui veut aider.
Nous sommes nombreux à avoir été au moins une fois dans notre vie confrontés à une situation où nous avons atrocement besoin de quelque chose et à un instant « t ». C’est à croire que si on n’obtient pas ce qu’on désire ou ce dont on pense avoir besoin on va se sentir très mal. En général ce sont des prières et des jeûnes qui prennent place à cet instant dans l’intention de toucher le cœur de Dieu afin qu’il agisse en notre faveur. Malheureusement, il semble que Dieu est sourd, que le ciel devient subitement silencieux. Et l’homme face à ce silence de Dieu tend à prendre une décision dans l’intention de pouvoir obtenir ce qu’il désire et ceci par tous les moyens, quitte à clairement désobéir à la parole de Dieu, ou même prend une décision qui tendra à nier le besoin qu’on a présenté à Dieu, mais poussera à une profonde amertume : amertume de ne pas avoir été écouté et exaucé par Dieu, amertume d’avoir l’impression d’être le moindre des chrétiens qui est négligé par son Père céleste.
Je vais prendre deux exemples pour illustrer ce que j’explique ici. Quelquefois les problèmes financiers peuvent pousser une jeune fille à ne pas avoir de quoi se nourrir, de quoi se vêtir et n’en parlons pas, de quoi continuer ses études. Face à cette impasse, en tant que chrétienne, elle se retourne vers Dieu et le supplie d’agir en Sa faveur. Cependant, elle demeure un « long moment » sans réponse; il semble que Dieu l’a oubliée. Pensant que Dieu l’a oubliée, elle peut finir par se confier en la prostitution espérant trouver ainsi un moyen de subvenir à ses besoins.
Dans une autre situation il pourrait s’agir d’un homme qui rêve de faire des choses extraordinaires pour Dieu. Il semble qu’il est sur le point d’obtenir la faveur de Dieu, les plans marchent à merveille, mais à la dernière minute tout tombe à l’eau et il faut tout recommencer. Certains se relèvent pour tout recommencer, mais étant confrontés à plusieurs échecs, ils finissent par nier le besoin de voir leur désir s’accomplir, mais en même temps une profonde amertume envahit leur cœur : le sentiment amer de ne pas avoir trouvé faveur auprès de leur Père. Pourquoi d’autres réussissent et pas eux? Pourquoi Dieu exauce les prières des autres, mais pas les leurs? Il arrive que l’homme puisse avoir cette amertume dans son cœur tout en continuant de louer Dieu, de l’aimer. Cependant, il est conscient, sans en faire vraiment état, que quelque chose s’est brisé dans sa relation avec son Père.
Je me permets de dire que dans l’une comme dans l’autre situation il y a eu péché : se prostituer pour avoir de quoi subvenir à ses besoins alors qu’on a attendu une intervention de Dieu pendant une longue période n’est pas une solution saine pour son âme, et se laisser envahir par l’amertume parce que Dieu ne nous a pas exaucé est aussi un péché. Dans l’une comme l’autre situation, les personnes ont décidé d’utiliser leur intelligence pour se protéger du silence de Dieu qui, semble –t-il (du moins selon leur attitude), leur cause du tort. Ils ont refusé de continuer à attendre Dieu malgré le manque, l’humiliation des échecs répétitifs. Ils ont pris leur vie en main et cette attitude témoigne d’un manque de confiance vis à vis de Dieu et prouve même que lorsqu’on priait suppliant Dieu de nous exaucer, on n’y croyait même pas vraiment. D’autre part, un chrétien / une chrétienne devrait être prêt à aimer Dieu et Sa Parole aux détriments de ce que semblent être ses besoins. Cela veut dire que même si un chrétien n’a pas à manger, ça ne devrait pas le pousser à pécher pour avoir à manger; le croire et croire du plus profond de son cœur que la première nourriture du chrétien est la Parole de Dieu, permet au chrétien de demeurer ferme en Dieu et de laisser Dieu agir.
D’un autre côté, Dieu n’est pas obligé de dire quelque chose pour agir, Il a encore le droit de faire des surprises à Ses enfants. Cependant, à partir du moment où vous pensez que si Dieu n’agit pas, vous pourrez vous recroqueviller dans la prostitution ou dans une autre forme de désobéissance à la Parole, Dieu lit vos pensées et ça l’empêche d’agir dans votre vie. Et c’est pour cette raison qu’il peut très bien fermer le cœur ou les poches des personnes qui ont les moyens de vous aider, les empêchant ainsi de trouver un moyen véritable de vous faire sortir de la situation dans laquelle vous vous trouvez. Et si quelqu’un veut se forcer à vous aider alors qu’il n’a pas eu l’approbation de Dieu, il peut se retrouver dans de très beaux draps, c'est-à-dire qu’au lieu d’être béni en retour, il a l’impression de porter un fardeau trop lourd pour lui et croyez moi que ça veut dire qu’un jour il vous fuira tout simplement. D’un autre côté, concernant le frère qui ne cesse de faire des projets qui échouent et qui s’en trouve amer et déçu, la première question que je voudrais poser est celle de savoir si le frère en question a pris au moins la peine de chercher la face de Dieu afin d’attendre que Dieu lui dise « Oui, tu peux commencer et commence par … » avant de commencer le projet ? En général, le désir ardent de voir un projet aboutir nous pousse à utiliser notre intelligence. On ne veut pas d’abord laisser Dieu purifier, transformer notre intelligence afin que ce que nous fassions Lui appartienne entièrement, mais on veut prendre les devants car comme on dit, « Dieu nous a donné un cerveau afin de pouvoir l’utiliser » Ainsi puisque Dieu nous a donné un cerveau afin de l’utiliser, que notre cerveau donc nous pousse à bout de notre rêve. Ce n’est pas parce qu’on prie et rêve de travailler pour Dieu qu’on est entièrement disposé à le faire. Le simple fait de commencer un projet qu’on dit vouloir faire pour Dieu sans attendre que Dieu nous dise quand et comment le faire, voire même commencer est la preuve tangible que nous ne sommes pas encore prêts à faire ce projet pour Dieu. Et Dieu qui nous aime, ne fera rien d’autre que de ne pas permettre que le projet aboutisse afin de nous apprendre à chercher son visage et nous attendre à Lui même s’il faut que ça prenne des années d’attente. Pour Dieu, ces années d’attente ne sont pas des années perdues, mais ce sont des années de formation. D’un autre côté, que nos échecs répétitifs ne soient pas considérés comme de l’énergie dépensée inutilement, mais plutôt comme quelque chose qui devrait nous pousser à reconnaitre la suprématie de Dieu dans nos vies. Prendre les devants face à un problème, même si on dit que c’est pour la gloire de Dieu qu’on veut prendre les devants revient à agir comme Saül qui étant pressé, et pensant vouloir faire plaisir à Dieu, avait désobéi à la loi de Dieu, et s’était permis d’offrir un sacrifice à Dieu avant d’aller en guerre, au lieu d’attendre Samuel qui était, selon la loi de Dieu, la personne en charge d’offrir des sacrifices (1 Samuel 13 : 7-13). Ce n’est pas pour rien que le psalmiste dit « Je serre ta parole dans mon cœur, Afin de ne pas pécher contre toi » (psaume 119 : 11).
Je reconnais qu’attendre veut dire avoir encore de l’espoir, et espérer en quelque chose qui ne semble même pas donner l’impression d’arriver crée une profonde frustration et mène souvent à la révolte. Cependant, prenons la peine de nous rendre bien compte que la révolte en elle-même n’aide pas, mais plonge dans un sentiment d’incertitude, de peur, dans un manque de paix. Apprenons à nous attendre à Dieu même s’il semble qu’il devient muet face à nos problèmes. Demandons à Dieu de nous apprendre à nous attendre à Lui dans le calme et la confiance. Demandons à Dieu de nous apprendre à ne pas nous protéger de Lui lorsque nous avons l’impression qu’il expose notre émotion et notre foi à de véritables tourments. Demandons à Dieu de nous donner de ne pas prendre de décisions sans Lui, sans Son consentement, mais de continuer à lui faire confiance. Et sachons aussi dire comme le psalmiste « Moi, je m'attends à l'Eternel, oui, je m'attends à lui, de tout mon être, j'ai foi en sa parole. Je guette le Seigneur bien plus que les guetteurs (sentinelles de nuits) n'attendent le matin, oui, plus que les guetteurs (sentinelles de nuits) n'attendent le matin » (Psaume 130 : 5-6).
Surtout n'oublie pas que tu ne peux tomber plus bas que la main de Dieu, alors demeure confiant.
Que le Seigneur te bénisse !
Eugenie de Jésus




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